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Lettre ouverte à Kathleen Frenette

À la suite de l'article "Le Air Soft Gun, pas si offensif qu'il en a l'air" de Kathleen Frenette (l'animatrice de radio, rien de moins :O), je me devais d'y répondre dans mon français le plus impeccable. Je n'y joue plus depuis assez longtemps, mais rien ne m'énerve plus que des opinions mal informés sur des trucs qui sont parfaitement corrects. Désolé pour les quelques excès d'arrogance, mais voici ma réponse à son article:

Madame Frenette,

Aujourd'hui, c'est la première fois qu'un article de journal me choque au point de m'inciter à y répondre. Je parle présentement de votre article sur les fusils de airsoft publié le 29 janvier dans le Journal de Montréal et de Québec. Cet article, résultat d'un travail de recherche bâclé, est un odieux ramassis de mensonges et de demi vérités.

Pour commencer, il n'y a rien de si dangereux à propos des fusils de airsoft; ce sont réellement des jouets. Tout comme pour les fusils de paintball, ils sont faits pour l'usage qu'ils en font. Une simple paire de lunettes et un bon chandail suffisent à protéger les joueurs contre les blessures, contrairement à ce que vos “tests” racontent. Lorsqu'on fait un test sur la sécurité au airsoft, on utilise de l'équipement de airsoft dans un scénario plausible et non des lunettes de ski à bout portant. Il est très rare que les joueurs se tirent à bout portant, optant généralement par l'élimination par un « freeze ». Ces fusils tirent à des vélocités impressionnantes, je vous l'accorde, mais leur munitions sont si légeres que leur impact est pratiquement nul passé les 20 mètres. Seuls les tirs de près sur la peau nue réussissent à laisser des marques. C'est même impossible de jouer en hiver parce que personne ne sent les balles les toucher sous leurs manteaux et vous, sans aucune connaissance en la matière, vous allez effrayer vos lecteurs avec vos histoires d'horreur.

Ensuite, votre article fait preuve d'un flagrant manque de recherches. Si vous auriez voulu avoir un vrai opinion sur le airsoft, il aurait fallu interroger ceux qui jouent sur un terrain et non des amateurs qui jouent dans leur cour. Eux connaissent les fusils, les règles et les enjeux. Si vous tenez absolument à vous attaquer à un sujet, attaquez-vous à ses experts, à des sources fiables et non à ceux qui ne connaissent pas mieux que ce que le Wal-Mart du coin sait offrir.

De plus, si les commerçants laissent des mineurs sortir avec des airsoft, ils brisent la loi, et on ne peut rien y faire. À 16 ans, on peut sortir avec de la vodka, des cigares, des arcs et des carabines à plomb avec la même facilité, alors pourquoi paniquer pour un simple jouet? C'est aux parents de voir à la sécurité de leurs enfants au lieu de simplement leur acheter tout ce qui peut leur donner quelques heures de paix.

C'est un article d'un reporter mal informé qui fait penser à tout le monde qu'un jouet est le nouveau danger publique, encore une fois. C'est ce genre de sensationnalisme qui a mis fin aux piscines gonflables, un produit inoffensif qui est tombé sous le projecteur après quelques cas isolés. Quelques mois plus tard, il fallait un permis et une clôture pour les utiliser, comme si les enfants allaient traverser la rue pour venir se noyer dans notre piscine. Bientôt il va aussi falloir un permis pour posséder un airsoft ou un paintball, et après pourquoi pas la peinture! J'ai entendu dire que certains s'en servaient pour faire des graffitis.

J'invite le public à répondre par leurs commentaires et à madame Frenette à me repondre dignement plutôt que par l'entremise de ses auditeurs (dont je fais parti!).

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